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[FR] Entretien avec Mme Mical DREHI Lorougnon - Directrice des éditions EDILIS - par Ulrich Talla Wamba

Edilis a été créée sur l’initiative de promoteurs africains afin de participer au développement culturel de l’Afrique. Mical DREHI Lorougnon, fondatrice en est la Directrice.

Quelle est la différence entre la « langue », le « dialecte » et le « patois » ?

La langue maternelle est bien la langue que l’enfant entend dans son environnement immédiat dès sa naissance. C’est la langue de communication. Ainsi, pour ma part, en plus des langues africaines, je considère le français comme une langue maternelle chez les francophones, l’anglais chez les anglophones, lusophones, etc. En tant que moyen de communication, nos langues sont des langues au même titre que l’allemand, le français, l’italien, l’anglais, etc. Les termes « dialectes, patois, etc. » sont des termes qui traduisent un certain sentiment péjoratif, méprisant, pour celui qui est en face.

Pourquoi avoir choisi de faire de l’alphabétisation par les langues maternelles, une priorité absolue ?

Je ne crois pas avoir dit que cela était une priorité absolue. Pour moi il ne faut pas tomber dans l’excès. Actuellement on estime à 40% les alphabétisés sachant lire et écrire ; et 60% les analphabètes. Mais, ne pas savoir lire et écrire ne veut pas dire qu’on n’a pas de culture. Pour moi, la langue est la porte, le véhicule de chaque culture. Il se trouve que l’alphabet international prend en compte les langues africaines et autres. Avec introduction des différents tons qui permettent de faire la différence entre les langues.Toutes les langues peuvent donc s’ écrire et se lire. Donc elle est apprise et être préservée et conservée. L’UNESCO parle de 7 000 langues qui existaient et de la disparition de 1 000 langues sur le plan mondial avec bien sur la disparition dans nos pays, des langues parlées par une communauté qui ne s’étant que sur peu de villages. À l’heure du numérique, les continents sont donc des villages, les pays des quartiers.

La langue est le nerf de l’école comme l’argent est le nerf de la guerre. Selon l’Unesco, les enfants apprennent mieux dans leur langue maternelle. Comment devrait s’y prendre la Côte d’Ivoire qui compte près de 60 langues ? Ou le Cameroun qui en a plus de 250 ?

Alphabétiser dans les langues maternelles parlées par près de 60% de la population rurale permet de gagner du temps une fois une situation exprimée dans la langue écrite dans la langue est retenue car il n’y a pas d’oubli, il n’y a donc pas à apprendre par cœur. Cette énorme économie permet un apprentissage rapide.
Les apprenants peuvent faire un transfert aux français sans trop d’exercices de sonorisation. Il a été fait un dénombrement des locuteurs par langue et par groupe linguistique. Il convient de faire un choix par zone et y associer les parents. Il y a de plus en plus de mariages mixtes. Que les parents se parlent et parlent à leurs enfants. Le français est partenaire des langues africaines. Aussi, il faut développer une littérature bilingue pour assurer un environnement lettré. EDILIS a produit les ouvrages suivants selon les thèmes suivants : l’environnement, la santé, les techniques culturales. Ce qu’il faut pour assurer la lecture c’est bien le nerf de la guerre (l’argent). C’est ce qui manque.

Nous avons fait la liste des ouvrages à produire pour le Cameroun avec 250 langues et plus. ANACLAC continue de travailler.
 

Editions Edilis Côte d'Ivoire Ulrich Talla Wamba juin 2018 Publishers & Books Mical DREHI Lorougnon

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