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[FR] Armel Onogo, coordonateur du MIFAC "L’économie et la culture ne s’opposent pas, elle se nourrissent" par Forben Chesly

Entretien exclusif avec Armel Onogo, le Coordonateur du Marché international du Film d'Afrique centrale, des "Ecrans noirs", festival de cinéma au Cameroun.

Bonjour Armel Onogo et merci d’accepter de répondre à nos questions pour le compte du magazine « Publishers & Ciné » de l’OAPE. Vous êtes le Responsable de projets du MIFAC (Marché international du Film d’Afrique centrale). Parlez-nous brièvement des Écrans noirs ?

Bonjour et merci de vous intéresser à nos activités. Le MIFAC est plateforme organisée par l’association Écrans noirs dont l’objectif est de faire la promotion et la diffusion du cinéma en Afrique et du cinéma noir d’Afrique centrale.

Cette idée, d’organiser cet évènement vient après avoir imposé le festival Écrans noirs en Afrique et dans le monde, former des jeunes à la création artistique et booster la production cinématographique dans la sous-région. Fort de cette expérience et des ressources humaines dont elle dispose, l’association a décidé depuis quelques années de se concentrer à l’organisation et à la valorisation économique du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique centrale.

Donc, il est question ici d’affirmer de façon générale que le MIFAC est une activité qui vise à faire entrer les productions cinématographiques dans les radars des grandes firmes de diffusion et de distributions nationale et internationale. Aussi, il est question de faciliter la production des œuvres cinématographique et audiovisuelle de la sous-région, c’est-à-dire permettre aux porteurs de projets de réaliser leur création artistique.

Nous voulons favoriser l’accès au marché des programmes et des projets de la sous-région. Également, faciliter la mise en relation entre les ayant droits, les porteurs de projet et les diffuseurs & distributeurs internationaux. Ensuite, développer les collaborations entre les professionnels d’Afrique centrale, favoriser la coproduction, renforcer les capacités techniques des professionnels, informer les producteurs et porteurs de projets d’Afrique centrale des opportunités et des instruments de financement publics et privés, enfin contribuer à la rentabilité financière et économique du secteur de la cinématographie dans la sous-région. Nous pensons fermement que l’économie et la culture ne s’opposent pas, elle se nourrissent et davantage encore lorsqu’il s’agit du cinéma et de l’audiovisuel.

Quelles sont les motivations qui ont été, pour la création de ce Marché du film ?

Le MIFAC est né à la suite du constat qu’a fait l’association Écrans noirs. Le constat était celui selon lequel la production artistique et cinématographique en Afrique centrale faite par les jeunes était en hausse sur le plan qualitatif et quantitatif. Ces productions cinématographiques donc les seuls canons de diffusion restaient les télévisions nationales. Les salles de cinéma ayant fermé, les fonds dédiés au financement de la culture du cinéma n’étant toujours pas axés dans notre environnement. Et pourtant, on note un fort désir chez la population de la sous-région de consommer les productions cinématographiques faites par les jeunes d’aujourd’hui.

Vous savez ? Le MIFAC est une activité à part entière n’ayant aucune relation, car nos objectifs ne sont pas les mêmes pour le festival. Écrans noirs est un festival vieux de 22 ans et l’une des plus grandes manifestations en Afrique centrale et principalement au Cameroun qui mobilise un grand nombre de professionnels. C’est pour cette raison que nous avons pensé qu’il était important que le MIFAC soit organisé à la même période ; car c’est le moment le plus important de la vie cinématographique en Afrique centrale et au Cameroun.

Il est également question pour nous, de faire parvenir l’information la plus importante à ces jeunes qui ne connaissent pas toujours comment fonctionnent les organismes qui mettent à disposition des financements pour des projets cinématographiques.

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La deuxième édition du MIFAC vient de s’achever. Quelles étaient les originalités ?

Pour cette 2è édition, le MIFAC a été rehaussé par la présence de 16 exposants tels que la France, le Congo, le Congo Kinshasa, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et plus de 750 visiteurs en 4 jours. Ces visiteurs nous venaient de la Centrafrique, de la France, du Congo, du Congo Kinshasa, du Cameroun, du Tchad, du Royaume-Uni, de la Côte d’ivoire et du Sénégal. Nous avons eu en moyenne 150 à 200 visiteurs par jour. Nous pensons donc que les professionnels du cinéma doivent être nombreux au Marché du film et plus que par le passé, ils doivent faire enregistrer leurs productions à temps, ce qui nous permettra de faire un catalogue et de le mettre à la disposition des acheteurs, des diffuseurs et distributeurs au moment opportun.

Après la réalisation des catalogues, ceux-ci sont remis aux exposants, c’est-à-dire distributeurs, diffuseurs, et producteurs intéressés par les productions cinématographiques de la sous-région. Le MIFAC est organisé pendant 4 jours, donc, les participants échangent, ficellent leur collaboration, signent des contrats. Au cours de cette période, nous organisons aussi des conférences, des projections des films inscrits, et un concours du meilleur scénario de l’Afrique Centrale. Comparé à la première donc, je dirais que nous avons privilégié le coté quantitatif des participations des professionnels, c’est-à-dire que nous avons fait l’effort de mobiliser plus de 16 chaînes de télévision privées et publiques nationales et internationales.

Vous avez vu le grand groupe Canal+, TV5, Patou Film international, les films Terre africaine, Côte ouest, DIFFA et des maisons de productions sont venues du Congo. Contrairement à l’année dernière, nous avons eu plus de participants et d’exposants. En plus de cela, nous avons privilégié les activités d’échanges en donnant la parole aux diffuseurs pour qu’ils puissent dire ce qu’ils entendent des producteurs et des réalisateurs.

Quelle est la cible principale du marché ?

Nous ciblons particulièrement les producteurs, diffuseurs et réalisateurs d’Afrique centrale qui ont en face d’autres acheteurs, producteurs, diffuseurs et réalisateurs et distributeurs de la sous-région d’Afrique centrale et venant d’autres pays hormis ceux de l’Afrique centrale. Nous pensons que le cinéma peut faire vivre son homme (bien-sûr) si les gouvernements, les acteurs de la société civile et les cinéastes eux-mêmes s’engagent formellement et se tiennent les mains pour combattre les fléaux importants qui réduisent les revenus des professionnels. Je peux vous citer pour exemple la piraterie. À propos justement, elle a fait l’objet d’une table ronde autour de laquelle un certain nombre de résolutions ont été prises.

Quel est le message que vous pouvez adresser aux professionnels du cinéma ?

Aux jeunes réalisateurs de la sous-région, je vais dire voilà le marché du film, une opportunité qui vous ai offerte de présenter vos œuvres, de négocier, d’échanger et d’avancer sur vos projets futurs. Aussi, je vais demander aux jeunes cinéastes de s’engager dans le marché du film plus que par le passé, car c’est la seule plateforme en Afrique centrale qui permet de valoriser économiquement leurs œuvres et de se construire un carnet d’adresses.

À la clôture de la 2e édition du marché du film d’Afrique centrale, nous pouvons affirmer que c’est une réussite éclatante, car nous avons atteint tous nos objectifs fixés dès le début d’année et les résultats parlent d’eux même, nous nous sommes dit qu’il fallait avoir 16 exposants de qualité et nous les avons eu, nous avons dit qu’il était important pour nous d’avoir plus de professionnels du cinéma et en 4 jours, plus de 700 nous ont visités, nous avons organisé 14 tables rondes et elles étaient davantage fréquentées par les professionnels du cinéma présent en masse pour suivre les conférences les séminaires de formation et tables rondes organisés à leur intention. Et aussi en termes de produits et films enregistrés, nous avons eu plus de 450 projets réalisés parmi lesquels, les courts-métrages, les longs métrages et les films documentaires. Nous pensons fermement que ces résultats sont importants et nous comptons aller au-delà de ceux obtenus cette année.

 


L'entretien complet est à retrouver dans le magazine "Publishers & Ciné" de l'OAPE qui paraït le 25 mars 2019.

 

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